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Un jouet corporel pas si sexué que ça

30 avril 2015

 

Plusieurs personnes de mon entourage en ont été étonnées ces derniers temps, il est donc temps que j’avoue, que je confesse, que je sorte du placard. Je ferais même mon « coming out » si je n’étais pas si anglicismophobe.

 

Oui, je possède un jouet corporel. Et je l’utilise presque tous les jours. Ce n’est pas celui de ma compagne, ou d’une autre femme, je suis même allé l’acheter tout seul comme un grand dans un magasin spécialisé. Il me rend la vie un poil plus belle, certes il n’est pas indispensable, je pourrais m’en passer, mais j’aime mieux l’avoir avec moi, au point que je l’emporte avec moi pour les déplacements de quelques jours. Il est noir, bien profilé, il fait une trentaine de centimètres (!), il a une puissance tout à fait correcte, trois vitesses différentes. Je m’en sers en général le matin, mais parfois à d’autres moments de la journée.

 

Pourquoi n’en aurais-je pas un ? Pourquoi n’y aurait-il que les femmes ? J’ai après tout moi aussi des organes corporels qui s’adaptent parfaitement à son utilisation, et qui ne le rendent pas moins pratique et agréable pour moi que pour une femme. Il a un aspect de confort, de plaisir, voire de superflu, mais aussi un vrai côté pratique.

 

Oui, je l’avoue.

 

J’ai un sèche-cheveux.

 

On ne devrait pas genrer ou sexuer les objets. On le fait trop souvent, et on projette les rapports de domination entre les genres sur lesdits objets. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un homme ait un sèche-cheveux à lui. J’ai des cheveux. Je n’aime pas qu’ils restent mouillés après ma douche. Je les essuie avec ma serviette, mais ça ne suffit pas. J’aime donc les sécher, c’est à la fois un confort, et le plaisir de sentir un souffle chaud compenser la froideur accrue par l’humidité de ma peau.

 

Pourquoi les hommes n’auraient pas de sèche-cheveux ? Je pense d’ailleurs qu’en secret, les hommes qui vivent avec des femmes qui ont un sèche-cheveux l’utilisent. Mais les hommes seuls n’en ont probablement pas, dans leur immense majorité.

 

« Oui, mais les hommes ont les cheveux courts, et les cheveux courts ça sèche plus vite que les cheveux longs des filles. » Certes. Mais ce n’est pas une nécessité. Les hommes n’ont pas par définition les cheveux courts et les femmes les cheveux longs. D’ailleurs, en d’autres temps ou en d’autres lieux, les hommes portent les cheveux longs. Jésus ? Raté. Jésus, en plus d’être juif et basané, avait les cheveux courts. C’est que dans l’Ancien Testament, on dit que c’est une honte pour l’homme d’avoir les cheveux longs comme la femme. Déjà… Mais on s’égare.

 

En d’autres temps et d’autres lieux, les femmes ont les cheveux courts. Il n’y a guère que dans la culture occidentale, et notamment sa branche sous influence latine, que les femmes se doivent d’avoir les cheveux longs. En effet, chaque fois que je me rends en Allemagne, je suis frappé par la proportion bien plus importante que chez nous de femmes portant les cheveux courts. En France, c’est presque sacrilège. La femme aux cheveux courts est soupçonnée soit d’être un homme manqué ou une lesbienne, soit d’être trop âgée pour plaire. Mais on s’égare encore.

 

Les hommes, ça n’aurait donc pas besoin de sécher leurs cheveux. Sauf que, aussi courts soient-ils, aussi essuyés soient-ils, en hiver, quand on sort dehors dans le froid et le frimas, les cheveux pas absolument secs, ça glace le sang. De plus, un sèche-cheveux sert également, en tout cas dans mon expérience, à sécher quelques petits bouts de peau par-ci par-là qui ont échappé à l’essuyage méticuleux à la serviette, le pli du coude, entre les orteils, entre les omoplates. On est frileux ou on l’est pas.

 

Tout ça pour dire quoi ? Débarrassons-nous des lieux communs sur le sexe ou le genre des choses. Laissons les gens utiliser invariablement des objets roses ou bleus, qu’ils soient hommes ou femmes. Ayons l’esprit ouvert, détournons même si possible l’utilisation des objets genrés. Je ne dis pas à l’excès, ainsi malgré ma grande gueule je ne me vois pas débarquer au bureau en jupe, mais par petites touches, et notamment auprès de notre entourage, afin que peu à peu, les objets, donc un peu les esprits, retrouvent une neutralité sexuelle qui ne pourra engendrer qu’un peu plus d’égalité.

 

Tiens, j’ai fait court pour une fois. Sans mauvais esprit, bien sûr…

 

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2 commentaires
  1. Aurelie permalink

    A l inverse de ton « coming-out », voici une petite anecdote sexiste qui m est arrivée il y a quelques années. Je souhaitais m acheter un ordinateur portable. J avais fait ma petite recherche sur internet, comparé les modèles, les performances, les espérances de longévité, si bien que j avais identifié la machine répondant à tous mes critères. Je me rends dans un magasin spécialisé et je demande à acheter l ordinateur en citant la marque et le modèle par son petit nom. Un vendeur va me le chercher et ajoute  » Vous direz à la personne qui va l utiliser de retirer la batterie quand elle le branchera sur le secteur ». Moi, perplexe  » Ben, c est moi qui vais l utiliser !!! ». Et là, sans se démonter, il m explique que les femmes ne savent jamais ce qu elles veulent quand elles viennent acheter, d où sa confusion. J ai essayé de faire preuve de pédagogie mais peine perdue, il ne demordait pas du fait que j étais un contre-exemple…

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  1. Véganisme, jour 24 : les limites | zanas57

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