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Commentaire sur « La mise en mouvement dans la pensée magique »

Ce texte de Chantal Lheureux-Davidse est une étude de cas sur la personne d’une jeune fille de 10 ans en début de thérapie, autiste et atteinte de trisomie 21.

 

L’article contient différents paragraphes titrés, qui décrivent plusieurs épisodes importants de la thérapie, révélant à chaque fois une manifestation précise de la pensée autistique. « La mise en mouvement dans la pensée magique », qui donne son nom à l’article, est un paragraphe plus long venant en fin d’article, mais il faut évoquer rapidement les paragraphes précédents.

 

« L’impossible rencontre en direct » évoque les difficultés habituelles chez les sujets autistes à établir un contact visuel par le regard, ainsi que tout contact physique direct. Notamment, Mme Lheureux-Davidse demande à Flora si elle accepte de lui « donner » la main, mais Flora cache alors sa main dans sa manche et la psychologue s’aperçoit que la proposition a pu être entendue au sens littéral, et que Flora craint que sa main lui soit enlevée. En lui proposant de « se tenir à » sa manche, la difficulté est résolue. Plusieurs séances et trajets plus tard, Flora prend d’elle-même l’initiative de tenir la main de la psychologue. On voit là le signe d’une pensée littérale, qui appréhende mal l’utilisation de la métaphore.

 

Dans « Dispersion et pensée associative », nous voyons Flora s’émerveiller à chaque passage devant un massif de fleurs. Voulant manifestement partager cet émerveillement, ce qui est un premier pas vers l’autre, elle énonce les mots qui lui viennent à l’esprit : « abeille, tartine, miel », venant du registre associatif, mais pas le mot « fleur ». Après chaque mot, elle tourne lentement la tête vers la psychologue pour approbation. La pensée associative risque de dériver sans arrêt de la réalité, et empêche de partager une réalité avec l’autre.

Il est aussi à mon sens très parlant que l’enfant nommée « Flora » ne puisse prononcer le mot « fleur », il y a manifestement là-dedans une certaine négation de soi inconsciente – après vérification, le prénom a été changé par l’autrice, toutefois le choix de ce prénom pour cette jeune fille qui ne peut pas dire « fleur » n’est sans doute pas dû au hasard.

 

Ensuite, on arrive dans le bureau où se déroulent les séances, et Flora manifeste une « terreur des formes informes ». Ce sont notamment les rideaux qui font des plis, et les cheveux longs de la psychologue qui lui font peur, parce qu’ils ne sont pas solides et ne lui donnent pas de contenance, contenance qu’elle ne trouve pas encore dans la relation à l’autre. Elle lance des objets vers ces formes inquiétantes pour tester leur solidité.

On apprend que la trisomie 21 de la jeune fille a rendu les parents démissionnaires dès sa naissance. Le père avait abandonné totalement, tandis que la mère s’occupait de la petite mais sans rêverie, sans narrativité, sans jeu. Flora n’a donc pas appris l’expressivité du visage, elle est impassible, et très rigide dans sa posture, elle manque de souplesse.

 

Est donc questionnée « l’authenticité des émotions exprimées ». Flora prend l’habitude de se suspendre de toute sa force aux cheveux de la psychologue juste avant d’entrer dans le bureau, puis de la regarder impassiblement pour chercher une réaction. Mme Lheureux-Davidse essaye la bienveillance, la sévérité, le raisonnement, la morale, mais rien n’y fait. Enfin, elle trouve ce que la jeune fille recherche : elle prend les expressions de la douleur et de la tristesse, commençant à pleurer. C’est cette émotion authentique que Flora attendait dans le visage de la psychologue, ne l’ayant jamais vue dans le visage de sa mère et ne pouvant la reproduire elle-même. La rencontre se fait par l’authenticité qui lui a tellement manqué.

 

Le paragraphe suivant parle de « la relation cassée » : le mot « cassé » est l’un des rares mots que Flora peut dire, ayant très peu de langage verbal. Elle a reporté son intérêt sur son environnement non humain, faute d’avoir pu investir son environnement humain, et ce qui l’intéresse le plus sont les objets ou les feuilles « cassées ». Parfois, elle déchire elle-même un coin d’une feuille en disant « cassée » puis l’examine intensément, on devine qu’elle s’interroge derrière sur l’échange ou la relation « cassée ». Elle parle à ces objets inertes, comme pour les humaniser, mais dans un langage incompréhensible, à l’image peut-être du langage que lui tenait sa mère, incompréhensible pour sa fille « cassée ». C’est là qu’apparaît la pensée magique, et le problème est qu’elle risque de l’enfermer dans le non humain en délaissant totalement l’humain.

 

La pensée magique est définie par Freud, même s’il n’utilise pas le terme précis, dans Totem et tabou comme « la toute-puissance des idées », formulation qu’il emprunte à l’Homme aux rats. C’est la pensée qui s’attribue le pouvoir de provoquer des effets matériels dans la réalité, qui attribue à des causes réelles des effets impossibles ou surnaturels, ou vice-versa. On en a déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog (au sujet de l’alcool au volant ici et , de la conduite automobile en général, de la diététique, ou du klaxon).

 

Flora a peu à peu pris confiance dans la relation naissante, et un jour elle s’assied en tailleur sur le bureau juste devant la psychologue, dans son espace de préhension, mais sans la regarder, elle parcourt des yeux les alentours. Elle aperçoit un ballon sur une étagère et lui fait un clin d’œil séducteur et un signe de son index pour le convier à la rejoindre. Le ballon est l’objet investi et convié dans la relation, tandis que la psychologue est reléguée au rang d’objet inerte. Flora n’envisage pas qu’un être humain puisse avoir envie de la rejoindre. Toutefois, la simple position de Flora, sa présence massive sous les yeux de la psychologue, convainquent celle-ci que tout cela lui est adressé malgré tout.

 

C’est pourquoi la psychologue choisit d’abord la narrativité pour commenter ces beaux échanges que Flora voudrait avoir avec le ballon. Une fois cet échange « Flora<->ballon » ancré dans de l’humain par la narrativité, Mme Lheureux-Davidse va chercher le ballon et le lui donne. La pensée magique a été réalisée, par un être humain proche. Flora lance le ballon vers le rideau qui lui fait peur. La psychologue retourne chercher le ballon en narrant à haute voix que lancer le ballon vers les endroits inquiétants et informes permet de se préparer à y regarder. Flora lance ensuite le ballon au-dessus du placard, sombre et inaccessible au regard. À nouveau, narrativité sur le fait que Flora a peur de lancer son regard dans un endroit inaccessible ou elle a peur de se perdre. En lui rendant le ballon, la psychologue prouve à Flora que le regard, pas plus que le ballon, ne se perd en se lançant.

Flora reprend alors le ballon et le met en contact sur sa tête puis les bords de son corps, nouvel acte préparatoire au contact relationnel.

 

Enfin, elle lance le ballon tout en adressant un regard, ce qui est en fait la même chose dans sa pensée. Elle réclame aussitôt hâtivement le retour du ballon pour s’assurer qu’elle ne se perd pas, qu’elle ne disparaît pas. Le ballon est retourné, et le contact en direct, bien préparé, est concrétisé.

 

La pensée magique a été une médiation pour « différencier le non humain et l’humain ». Il n’y a pas à proprement parler d’ « indifférenciation » entre les deux chez Flora, mais une substitution qui permet de diminuer la charge émotionnelle et de ralentir le rythme des échanges. Mme Lheureux-Davidse fait le parallèle très intéressant avec les mécanismes de déplacement à l’œuvre dans la formation des rêves, qui mettent un objet pour un autre pour en diminuer la charge émotionnelle trop intense.

 

On arrive enfin au passage de « la pensée à l’action magique ». Flora se lance de plus en plus souvent dans le regard de la psychologue, mais de façon fugitive, détournée. Un jour où elle est en confiance, elle se lance vers la psychologue, mais de tout son corps de 13 ans, bras en avant du haut d’un talus. Heureusement, une barrière située juste derrière la psychologue lui sert d’arrière-plan contenant pour réceptionner Flora. Celle-ci vient donc de faire l’expérience d’un fond solide contenant qui la retient quand elle se lance, comme l’est la relation à l’autre, sans se rendre compte bien sûr du caractère inapproprié du geste en lui-même.

 

En conclusion, la pensée magique s’était maintenue chez Flora après l’enfance car elle n’attendait plus de réponse du côté humain. L’investissement du non humain est plus rassurant et permet de pas perdre contact malgré tout avec les qualités premières recherchées dans une relation à un autre. Ce serait donc pour elle un passage obligé pouvant préparer à un investissement humain, pourvu toutefois que quelqu’un s’intéresse à ce passage par la métaphore pour préparer la rencontre et la mener à bien.

 

Pour autant, le passage par la pensée magique n’est pas délirant comme il pourrait l’être dans un registre psychotique. En témoigne le fait que ses manifestations sont théâtralisées en présence de la psychologue, qui est bel et bien présente comme public destinataire. La pensée magique a donc constitué un passage structurant pour aboutir à un accordage avec l’humain.

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Così fan tutte : un sommet de la domination machiste

 

D’abord, une anecdote : ce matin j’étais à 9h30 au montage d’un stand à la Fête de l’Huma à La Courneuve, ensuite à 14h30 j’étais en manif contre les ordonnances travail dans le XIIIe arrondissement de Paris, et enfin à 19h30 j’allais voir Così fan tutte à l’opéra Garnier, dont la représentation avait été maintenue malgré la grève interprofessionnelle du jour. Et le tout, avec les mêmes pompes de sécurité pleines de terre et le même jeans dégueulasse. Des gens tiraient un peu la gueule à l’opéra, mais bon moi j’y viens comme je suis.

 

Un vieux mec blanc vient lire un communiqué. J’ai à peine un très léger espoir que ce soit en rapport avec le mouvement social du jour, mais c’est pour rendre hommage à l’oligarque Pierre Bergé qui vient récemment de casser sa pipe.

 

Così fan tutte commence.

 

Résumé du premier acte : deux jeunes hommes sûrs de l’amour de leurs fiancées finissent par en douter à cause des diatribes sexistes de leur vieux nul de mentor sexiste ; le reste de l’acte, ils se déguisent et, aidés et poussés par leur mentor et par la servante, chacun tente à tout prix d’obtenir les faveurs de la fiancée de l’autre par violence, contrainte, menace et surprise, soit le grand chelem de la définition légale de l’agression sexuelle voire du viol, le tout pour montrer en principe à leur mentor que leurs fiancées resteront fidèles. Les deux femmes – deux sœurs – sont donc tourmentées tout du long par trois hommes et la servante infemme, et ces quatre dernier-e-s passent tout l’acte en aparté à dire à quel point illes se poilent et comme c’est marrant cette tentative incessante d’agression sexuelle : les deux jeunes hommes parce qu’ils sont persuadés que ça va échouer et qu’ils vont gagner leur pari (oui, ils ont parié là-dessus, parce qu’évidemment) ; le vieux macho et la servante parce qu’illes sont persuadé-e-s que ça va réussir, parce que les femmes sont toutes inconstantes, c’est dans leur nature, haha. Le vieux sexiste en particulier est mort de rire du début à la fin. C’est très très malsain. On devrait compter combien de fois les deux jeunes femmes disent « Non » de telle ou telle manière, et combien de fois ce n’est pas respecté (un indice : c’est deux fois le même nombre). Despina la servante chante en gros « nous les femmes nous ne pouvons êtres constantes et nous devons butiner l’amour et choisir ce qui nous plait, comme le font de toute façon les hommes », mais en réalité il ne s’agit pas de choisir ce qui leur plait, mais se soumettre à tous les hommes qui les convoitent.

 

Deuxième partie.

On réunit les deux sœurs et leurs séducteurs putatifs, qu’elles ont déjà éconduits maintes fois, pour qu’ils s’amusent. Comme ils ne trouvent pas quoi leur dire, Alfonso, ce vieux réac macho qui a dû mal digérer une éconduction vu sa haine des femmes, Alfonso donc parle à leur place et sert des mièvreries censées désamorcer le refus. Et comme elles ne trouvent pas quoi répondre, car elles n’étaient pas demandeuses de cette rencontre au départ, c’est Despina qui parle à leur place à elles, en disant que tout va bien, le passé est le passé, allons nous promener ensemble et badiner. C’est vrai, les laisser parler elles-mêmes, c’était encore leur laisser un peu trop de liberté, même si on n’écoutait jamais ce qu’elles disaient…

 

Après de multiples refus, jamais respectés par les séducteurs, qui menacent de se donner la mort et font semblant de s’empoisonner, Dorabella finit par céder à son séducteur, Guglielmo, l’amant déguisé de Fiordiligi, la mise en scène le montrant soulevant la jupe de la jeune femme alors qu’elle ne lui a pas encore consenti. Si la fidélité de Dorabella semble avoir été assez fragile, à l’inverse celle de sa sœur tient bon malgré les lourdeurs du harcèlement à laquelle la soumet Ferrando, l’amant de Dorabella.

 

Les amis se retrouvent, et celui qui n’a pas été trompé, donc celui qui s’est tapé celle de l’autre, pavane et se fout de la gueule de son pote. Du coup, celui-ci parle aussitôt d’arracher le cœur de sa fiancée, puis se ravise parce qu’au fond il l’aime quand même. C’est en condensé le scénario de maints crimes « conjugaux », ces crimes que commettent des hommes en tuant des femmes parce qu’elles ne sont plus « la leur », souvent avec préméditation d’ailleurs, et souvent avec des armes et pas seulement « sous leurs coups » (voir cet article). Donc il aime encore sa Dorabella, mais il décide de se venger en se tapant Fiordiligi, qui rappelons-le lui a déjà dit non 20 000 fois. Et là encore, après mille chantages et menaces, il y parvient.

 

Ce sont des viols. Des faveurs sexuelles obtenues après avoir de manière répétée considéré « non » comme une réponse positive, ça s’appelle des viols. Oui la femme a fini par céder. Par violence. Par menace. Par ruse. Par chantage. Par découragement, par domination. Ce n’est pas du consentement. Des milliers de femmes sont violées chaque année après avoir « cédé » au bout de dizaines de refus. Parce qu’elles n’en pouvaient plus. Parce qu’elles ne savaient plus comment dire non pour être comprises. Parce qu’elles ne se sentaient plus assez fortes, ou assez soutenues, ou soutenues tout court. Ça n’en fait pas pour autant des consentements. Les stratagèmes utilisés par nos séducteurs d’opéra rappellent terriblement ceux qu’emploient chaque jour les harceleurs de rue : « Je veux juste un regard. Ne sois pas cruelle comme ça. Tu veux ma mort en m’ignorant ? Je suis amoureux de toi depuis que je t’ai vue. » Porcherie.

 

Et tout le monde se poile !

 

Ben oui, l’infidélité, c’est le fun ! Le harcèlement, c’est marrant ! L’agression sexuelle, quelle rigolade !

 

Chaque fois que ce gros nul d’Alfonso vient dire une belle crasse bien machiste, tout le monde se poile. Chaque fois que Despina montre à quel point elle a intégré l’injonction machiste en sortant un truc encore pire, tout le monde se poile. Chaque fois qu’une des deux pauvres victimes de cette machination sexiste est humiliée, publiquement, et se retrouve à se justifier piteusement d’une conduite qui lui a été arrachée et imposée et lui est en plus reprochée par ses bourreaux, tout le monde se poile. La nausée.

 

Un couplet essentialiste d’où est tiré le titre de l’œuvre : Così fan tutte, Elles font toutes comme ça, entendez elles trompent toutes leur homme, ces garces. Tout le monde se poile !

 

Et enfin, elles sont mises en demeure de se marier avec ceux qui les ont violées, grâce à la complicité de cette infemme Despina, pour immédiatement qu’on leur révèle toute la chose et qu’on les somme de s’expliquer. Et jamais, au grand jamais, on n’aborde même la question que nos deux sales mecs ont chacun eux aussi séduit une autre femme que leur fiancée et ont couché avec. Jamais ! Ça c’est normal. C’est plus que normal, ça ne mérite pas d’être mentionné. Si ces deux sombres idiots avaient juste eu un peu plus de confiance en leurs fiancées, donc également en eux-mêmes et en l’amour qu’ils pouvaient leur inspirer, ils les auraient laissées tranquilles au lieu de les soumettre à cette torture psychologique. Oui, elles ont fini par être infidèles. Mais par un harcèlement de tous les instants, et sans aucune initiative de leur part. On leur a collé deux mecs dans les pattes et on a tout essayé comme jeux mentaux pour qu’elles cèdent. Elles n’étaient pas demandeuses, pas volontaires. Et elles sortent de cette œuvre comme les grandes pécheresses, porteuses de tout le tort, dans une vision essentialiste. Les mecs, ils ont été infidèles aussi, tous les deux. Mais volontairement. Pour régler un pari avec un autre mec. Par jeu ! Et ils y sont allés. Et ils se sont baignés dans la fange de leur infidélité, dans l’abjection de leur séduction, en se poilant bien, juste pour marquer un point, juste pour cinquante sequins.

Et tout le monde s’en fout !

Et tout le monde se poile !!!

 

Bref, j’ai failli vomir. Bien sûr la musique est jolie, c’est du Mozart ! Bien sûr le chant est beau, ce sont des professionnel-les ! Mais tout comme je ne peux plus apprécier des œuvres d’un Polanski, d’un Lennon, d’un Bill Murray, ou de beaucoup d’autres de par les violences sexistes qu’ils ont pu commettre (et il y en a beaucoup, la liste est très longue, elle fait mal mais c’est ainsi, beaucoup d’hommes sont de violents machos, je vous conseille cette BD), là, le fond m’a totalement gâché l’œuvre, et la forme n’y a rien pu, en plus la mise en scène était sans décors ni accessoires, et avec un concept de danseuses et de danseurs doublant les chanteuses et chanteurs que je n’ai pas compris – évidemment les danseuses devant exécuter mille cabrioles et se trémousser dans des talons hauts de 10 cm, les danseurs dans de belles chaussures plates de danse…

 

Pour la première fois à l’opéra, je suis parti dès la tombée du rideau, parce que j’étais juste soulagé en fait. Je ne suis pas resté pour applaudir, même si évidemment je n’ai rien à reprocher aux artistes. Mais pourquoi on joue encore ça ? Comment c’est possible ? Que font les féministes ? Je ne comprends vraiment pas que de telles horreurs soient encore au répertoire. Enfin si, bien sûr que je comprends. Il y a deux raisons. D’une part, on ne fait plus de nouveaux opéras. Enfin on en fait, mais il n’y a pas de places dans le répertoire pour de nouveaux opéras. Donc on tourne sur une petite cinquantaine d’œuvres, les mêmes depuis 100 ans. Et forcément pas issues d’époques très féministes. Et d’autre part, la société patriarcale fait que les opéras sont le plus souvent dirigés, comme tout le reste, par des hommes, qui ont bien sûr intérêt, consciemment ou inconsciemment, à perpétuer des œuvres qui rabaissent les femmes. Et comme des femmes peuvent elles-mêmes intégrer l’intérêt patriarcal, comme cette chère Despina, on n’avance pas. Pas mal d’œuvres sont gênantes, par exemple la Flûte enchantée dit clairement que les femmes ça ne vaut pas tripette pour découvrir les mystères de la philosophie. Et c’est l’un des opéras les plus joués du monde…

 

Finalement je vais retourner à la Fête de l’Huma et en manif moi…